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Compte rendu du Conseil des ministres du jeudi 4 avril 2024

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le jeudi 04 avril 2024, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 14 H 17 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président de la Transition, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

I. DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DU MINISTERE DE LA COMMUNICATION, DE LA CULTURE, DES ARTS ET DU TOURISME

Le Conseil a adopté un rapport relatif à la mise en œuvre des projets spécifiques du ministère de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme, au titre de l’année 2024.

Ces projets revêtent un caractère stratégique pour ledit ministère et leur mise en œuvre permettra d’opérationnaliser le plan de communication du Fonds de soutien patriotique et de mettre en synergie des actions de communication dans le contexte de la lutte pour la reconquête du territoire national.

Ils permettront également la réalisation d’infrastructures mettant en exergue l’histoire du Burkina Faso.

Le Conseil a marqué son accord pour l’attribution des marchés aux entreprises pour la réalisation des projets suivants :

Pour le recrutement d’agences de communication pour assurer la communication en période de guerre :

- Entreprise IM PRINT :

Lot 1, relatif à la mise en œuvre d’une communication en temps de crise, pour un montant de cent millions (100 000 000) F CFA ;

Lot 2, pour la mise en œuvre de la Stratégie de communication de guerre, pour un montant de quatre cent millions (400 000 000) F CFA.

Projet de construction du mausolée du Mémorial Isidore Noël Thomas SANKARA :
- Entreprise KANAZOE FRERES, pour la réalisation des travaux de gros œuvres, pour un montant de six cent cinquante-quatre millions six cent soixante-quatorze mille quarante (654 674 040) F CFA ;

- Entreprise KERE Architecture SARL, pour le suivi et le contrôle architectural, pour un montant de vingt-un millions neuf cent mille cinq cent quarante-neuf (21 900 549) F CFA.

Pour la réalisation du plan opérationnel de communication du Fonds de soutien patriotique (FSP) :

- Entreprise TRIBU CREA, pour un montant de cent soixante-dix millions (170 000 000) F CFA.

Le financement de ces projets spécifiques est assuré par le Budget de l’Etat, exercice 2024.

I.2. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES, DE LA COOPERATION REGIONALE ET DES BURKINABE DE L’EXTERIEUR

Le Conseil a adopté un décret portant création, composition et attributions du Haut Conseil des Burkinabè de l’extérieur (HCBE).

Ce décret est une relecture du décret n°2007-308/PRES/PM/MAECR du 24 mai 2007 portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger (CSBE).

Cette relecture vise à prendre en compte certaines réformes pour mieux organiser la structure et permettre la mutation du Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger en Haut Conseil des Burkinabè de l’extérieur.

Les innovations majeures du décret portent entre autres sur :

- une plus grande représentation du HCBE dans les pays d’accueil à travers la mise en place de Conseils de base ;

- l’institution d’un scrutin de liste avec un titulaire et un suppléant pour chaque poste de délégué élu au HCBE ;

- la prise en compte de l’Océanie dans la zone Asie-Pacifique ;

- l’augmentation du nombre de délégués qui passe de 129 à 131 ;

- la révision du mandat du délégué au Haut Conseil des Burkinabè de l’extérieur qui passe de trois (03) à cinq (05) ans.

L’adoption de ce décret permet la création du Haut Conseil des Burkinabè de l’extérieur en vue d’une meilleure organisation et gestion des Burkinabè résidant à l’extérieur.

I.3. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE LA PROSPECTIVE

Le Conseil a adopté trois (03) rapports.

Le premier rapport est relatif à un projet de décret portant autorisation de perception de recettes relatives à certaines prestations de la Direction générale du Budget.

Par décret n°2023-0052/PRES-TRANS/PM/MFPTPS/MTDPCE du 30 janvier 2023 portant dématérialisation des bulletins de paie des agents publics de l’Etat, le bulletin de paie est désormais mis à la disposition de l’agent public sous forme électronique.

L’innovation majeure de ce décret est l’institution de deux (02) nouvelles natures de recettes à savoir les frais d’accès à la plateforme e-bulletin par les structures de domiciliation des salaires et les frais de publicité sur la plateforme.

L’adoption de ce décret permet d’actualiser les natures de recettes de la Direction de la Solde et d’accroître la part contributive de la Direction générale du Budget dans les recettes du budget de l’Etat.

Le deuxième rapport est relatif à l’opérationnalisation des Trésoreries ministérielles et des Trésoreries institutionnelles.

Les Trésoreries ministérielles et les Trésoreries institutionnelles sont chargées d’assurer le recouvrement des recettes et le paiement des dépenses du budget général, des comptes d’affectation spéciale et des services non personnalisés de l’Etat. Elles sont également chargées d’assurer la tenue de la comptabilité du poste ainsi que de toutes autres opérations dévolues au Trésor public.

A titre de phase pilote, la Trésorerie ministérielle auprès du ministère de l’Education nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales a été opérationnalisée le 1er janvier 2022.

Au regard des résultats satisfaisants de cette phase pilote, le Conseil a autorisé l’opérationnalisation de treize (13) nouvelles Trésoreries ministérielles et cinq (05) Trésoreries institutionnelles.

Le troisième rapport est relatif à un projet de décret portant autorisation de perception de recettes au titre des prestations rendues par l’Agence nationale du domaine foncier des organismes publics (ANDFOP).

L’Agence nationale du domaine foncier des organismes publics a pour missions, la coordination des activités de sécurisation du domaine foncier de l’Etat, des collectivités territoriales et des autres organismes publics ainsi que la mobilisation des financements y afférents.

L’exécution de ces missions se traduit par l’accomplissement de prestations diverses au profit des personnes morales et des organismes publics dotés d’une autonomie de gestion financière. Ces prestations peuvent faire l’objet de perception de recettes parmi lesquelles :

- le recensement des terrains ;
- l’identification des terrains ;
- la délimitation des terrains ;
- le bornage-immatriculation des terrains ;
- l’immatriculation des terrains ;
- la mobilisation des terres.

L’adoption de ce décret permet à l’Agence nationale du domaine foncier des organismes publics de percevoir des recettes, conformément à la loi organique n°073-2015/CNT du 06 novembre 2015 relative aux Lois de finances.

I.4. AU TITRE DU MINISTERE DU DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL, DU COMMERCE, DE L’ARTISANAT ET DES PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES

Le Conseil a adopté un décret portant création, organisation, attributions, composition et fonctionnement du Comité national de la facilitation des échanges (CNFE).

Ce décret est une relecture du décret n°2017-099/PRES/PM/MCIA du 13 mars 2017 qui consacre la création du Comité national de la facilitation des échanges de notre pays.

Le Comité national de la facilitation des échanges est un organisme chargé de faciliter et de coordonner la mise en œuvre des dispositions inclues dans l’Accord sur la facilitation des échanges ratifié par le Burkina Faso en 2018.

Cette relecture vise la prise en compte des différents changements institutionnels intervenus dans notre pays, du budget programme et de la question du genre.
L’adoption de ce décret permet au Comité national de la facilitation des échanges de remplir efficacement ses missions.

I.5. AU TITRE DU MINISTERE DES INFRASTRUCTURES ET DU DESENCLAVEMENT

Le Conseil a adopté un rapport relatif à une demande d’autorisation pour la passation et l’exécution de marchés publics par la procédure d’entente directe dans le cadre des projets spécifiques.

Pour répondre à l’une des priorités du Gouvernement de la Transition notamment le développement et l’entretien des infrastructures de transport et de cartographie, le ministère des Infrastructures et du désenclavement a identifié et programmé la réalisation de travaux d’entretien, de construction et de bitumage de routes, de construction d’ouvrages de franchissement, de voiries et de postes de péage ainsi que l’acquisition de divers équipements.

Le Conseil a marqué son accord pour l’attribution des marchés aux entreprises suivantes :

1. Groupement GTAH/GOPA INFRA/AC3E/FASO INGENIERIE, pour les études de faisabilité technico-économique, environnementale et d’avant-projet détaillé des travaux de construction et de bitumage de la route départementale n°39 (RD39) Kombissiri-Gana-Sabcin (27,5 km), pour un montant de soixante-quinze millions (75 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de trois (03) mois ;

2. Groupement TECHNI-CONSULT/ACIT GEOTECHNIQUE, pour les études de faisabilité technico-économique, environnementale et d’avant-projet détaillé des travaux de construction et de bitumage de la route régionale n°14 (RR14) Kaya-Mané-Malou (53 km), pour un montant de cent cinq millions (105 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de trois (03) mois ;

3. CASTOR, pour l’actualisation des études de faisabilité technico-économique environnementale et d’avant-projet détaillé des travaux de construction et de bitumage de la route nationale n°11 (RN11) section Batié-Kpuéré-frontière Côte d’Ivoire (61 km), pour un montant de cent quatre-vingt-six millions cinq cent mille (186 500 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de cinq (05) mois ;

4. EG2S, pour les travaux de remise à niveau des voies d’accès à l’usine de transformation de la tomate à Bobo-Dioulasso (7,5 km), pour un montant de deux cent vingt-cinq millions (225 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de cinq (05) mois ;

5. AMP, pour les travaux de reconstruction de l’ouvrage de Naré, pour un montant d’un milliard quatre cent vingt-cinq millions neuf cent quatre-vingt-huit mille cent vingt-cinq (1 425 988 125) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de six (06) mois ;

6. – lot 1 : Groupement EBATP/SBTP, pour les travaux d’entretien d’urgence sur la RN02 entre Ouagadougou-limite Gourcy, pour un montant de soixante-quinze millions (75 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de trois (03) mois ;
- lot 2 : Global BUSINESS COMPANY, pour les travaux d’entretien d’urgence sur la RN02 entre Ouagadougou-limite Gourcy, pour un montant de trois cents millions (300 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de cinq (05) mois ;

7. SOGESB SARL, pour les travaux d’entretien d’urgence de la route régionale RR20 section Diéri-Samogohiri + bretelle d’accès à la Mairie de Samogohiri, pour un montant de six cent cinquante-cinq millions six cent vingt-quatre mille sept cent quatre-vingt-onze (655 624 791) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de six (06) mois ;

8. AC3E, pour le contrôle et la surveillance des travaux d’entretien d’urgence de la route régionale RR20 section Diéri-Samogohiri + bretelle d’accès à la Mairie de Samogohiri, pour un montant de soixante millions (60 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de huit (08) mois ;

9. EKS SA, pour les travaux complémentaires d’aménagement et de bitumage des voiries dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso-phase 1, lot 1 : voie d’accès principale au quartier Rimkièta (6,880 km), pour un montant de deux milliards cent cinquante-deux millions six cent soixante-deux mille cinq cent soixante-deux (2 152 662 562) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de sept (07) mois ;

10. Groupement d’entreprises ATP/Mondial Transco, pour les travaux complémentaires d’aménagement et de bitumage de voieries dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso-phase 1, lot 2 : voie d’accès principale au quartier Nagrin (4,950 km), pour un montant d’un milliard deux cent seize millions trois cent vingt-six mille trois cents (1 216 326 300) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de neuf (09) mois ;

11. Groupement SONAF SA/COSTRUZIONI CM SRL, pour les travaux d’aménagement et de bitumage de la section Carrefour rue Nord de Yagma à Embranchement RN02 (2,174 km) y compris les travaux complémentaires d’aménagement et de bitumage des voieries dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso-phase 1, lot 4 : voierie Embranchement RN22-Rues Nord et Ouest du sanctuaire de Yagma (9,548 km), pour un montant de quatre milliards cent quarante-quatre millions six cent cinquante mille cent quinze (4 144 650 115) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de dix (10) mois ;

12. Groupement TECHNI CONSULT/MEMO, pour le contrôle et la surveillance des travaux de la section Carrefour rue Nord de Yagma à Embranchement RN02 (2,17 km) y compris les travaux complémentaires d’aménagement de 9,548 km, pour un montant de cent quatre-vingt-onze millions trois cent quatre-vingt-sept mille quatre cent quatre-vingt (191 387 480) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de dix (10) mois ;

13. ARAFAT SERVICE SARL, pour les travaux de construction de l’ouvrage de franchissement de Guinsim et entretien périodique de la piste Diarra-Guinsim-Ponga dans la province du Boulgou, pour un montant de huit cent cinquante-huit millions (858 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de neuf (09) mois ;

14. Groupement EG2S/NERWAYA TRAVAUX PUBLICS SARL, pour les travaux d’entretien d’urgence d’ouvrage d’art (pont de Boulmiougou sur la RN01 et les échangeurs de l’Est, Ouest, Nord, Ouaga 2000) et des routes bitumées RN16, RN07, RN29 et RR09, pour un montant de huit cent trente-cinq millions six cent quatorze mille cinq cent soixante-sept (835 614 567) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de sept (07) mois ;

15. ARAFAT SERVICE SARL, pour les travaux complémentaires des travaux de construction de l’ouvrage de franchissement de Diara et d’entretien périodique de la piste de Bogoré-Embranchement RR09-Diara-Marché, pour un montant de cent quatre-vingt millions quatre cent quarante mille cinq cent soixante un (180 440 561) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de cinq (05) mois ;

16. Groupement SOMAC-BTP/ECW, pour les travaux de construction et de bitumage de la route reliant l’avenue Châlons-en-Champagne au port sec de Bobo-Dioulasso, pour un montant de huit milliards cinq cent quatre-vingt-huit millions quatre cent quinze mille six cent trois (8 588 415 603) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de seize (16) mois ;

17. Société Kassoum KAFANDO Service Sarl, pour l’acquisition de dix (10) postes de péages mobiles et dix (10) armoires fortes au profit du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B), pour un montant de cent cinquante millions (150 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de quatre (04) mois ;

18. – lot 1 : VISTA INGENIERIA & OBRA CIVIL, pour l’acquisition de tickets de péage au profit du FSR-B, pour un montant de trois cents millions (300 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de quatre-vingt-dix (90) jours pour chaque ordre de commande ;

- lot 2 : MULTY PRINT, pour l’acquisition de tickets de péage au profit du FSR-B, pour un montant de trois cent millions (300 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de quatre-vingt-dix (90) jours pour chaque ordre de commande ;

19. JOC-ETUDES ET REALISATION (JOC-ER SA), pour les travaux de construction des ouvrages de décharge sur la RR09 à Bagré, pour un montant d’un milliard six cent vingt-cinq millions (1 625 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de six (06) mois ;

20. BECOTEX, pour le contrôle et la surveillance des travaux de construction des ouvrages de décharge sur la RR09 à Bagré, pour un montant de cent vingt millions (120 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de huit (08) mois ;

21. E.KA.MA.F, pour l’acquisition de matériel et équipement spécifiques au profit des brigadiers dans le cadre des mesures sociales du Gouvernement dans les zones à fort défi sécuritaire (Tenkodogo, Fada N’Gourma, Kaya, Ouahigouya, Dédougou) pour un montant de quarante-six millions (46 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de quarante-cinq (45) jours ;

22. – lot 1 : 3D INFORMATIQUE, pour l’acquisition de stations de travail bi-écran, ordinateurs de bureau et ordinateurs portables et leurs accessoires, pour un montant de cent cinquante millions (150 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de soixante (60) jours ;

- lot 2 : Rafiq Vision SARL, pour l’acquisition de mobilier de bureau (tables, chaises, conteneurs pour bureau de travail), pour un montant de cent cinquante millions (150 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de trente (30) jours ;

- lot 3 : Général Micro Système (GMS), pour l’acquisition de traceur et d’équipement topographique (Eco sondeur bi-fréquence avec leurs accessoires, zodiaque, etc.), pour un montant de cent cinquante millions (150 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de soixante (60) jours ;

- lot 4 : Auto SÛR SARL, pour l’acquisition de véhicules à quatre roues pick-up double cabine, un mini car de catégorie 2 (19 à 34 places), pour un montant de deux cent vingt millions (220 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de trente (30) jours ;

23. ATEF, pour la maintenance et le suivi des équipements GNSS CORS, pour un montant de deux cent cinquante millions (250 000 000) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de soixante (60) jours.

Le financement de ces projets est assuré par le budget de l’Etat, le Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B), le projet d’urgence de développement territorial et de résilience (PUDTR) et le budget de l’Institut géographique du Burkina (IGB).

I.6. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

Le Conseil a adopté un décret portant changement de dénomination des universités de Fada N’Gourma, de Ouahigouya et de Dédougou.

Le baptême des universités publiques est une invite aux enseignants-chercheurs et aux étudiants à incarner et à cultiver les valeurs défendues par des personnalités de haut niveau, politiques ou scientifiques, qui ont marqué l’histoire de la construction du Burkina Faso.

Ce décret permet d’attribuer à ces trois (03) universités les noms de personnes physiques qui se sont illustrées positivement dans l’histoire de notre pays.

Ainsi :
- l’université de Fada N’Gourma prend le nom de Université Yembila Abdoulaye TOGUYENI. Elle a pour sigle « UYAT » ;

- l’université de Ouahigouya prend le nom de Université Lédéa Bernard OUEDRAOGO. Elle a pour sigle « ULBO » ;

- l’université de Dédougou prend le nom de Université Daniel OUEZZIN COULIBALY. Elle a pour sigle « UDOC ».

L’adoption de ce décret consacre le changement de dénomination de ces 03 universités publiques.

II. COMMUNICATIONS ORALES

II.1. Le ministre d’Etat, ministre de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme a fait au Conseil le compte rendu de la participation du Burkina Faso à la 17ème session du Comité intergouvernemental de la Convention 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, tenue du 27 février au 1er mars 2024 au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris, en France.

Au cours de la rencontre, la délégation du Burkina Faso a apporté diverses contributions aux différents programmes de la session et réaffirmé la volonté de notre pays de soutenir l’UNESCO pour l’atteinte des objectifs de la Convention 2005 à travers le Centre régional pour les Arts vivants en Afrique (CERAV/Afrique). Sur ce point, le secrétariat de la Convention a salué l’ensemble des actions menées par le CERAV/Afrique et souligné que notre pays constitue un modèle dans le cadre de la mise en œuvre de ladite convention.

La délégation burkinabè a également évoqué les avancées réalisées au niveau national pour prendre en compte l’environnement numérique dans le secteur culturel grâce au Programme d’appui aux industries culturelles et à la gouvernance de la culture (PAIC-GC).

II.2. Le ministre des Affaires étrangères, de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur a fait au Conseil une communication relative à la participation du Burkina Faso à la Conférence internationale sur la sécurité nucléaire (ICONS), prévue du 20 au 24 mai 2024, à Vienne en Autriche.

Cette conférence qui réunira des décideurs politiques, des spécialistes et des industriels permettra d’échanger des informations et des connaissances dans le but de renforcer la sécurité nucléaire dans le monde.

II.3. Le ministre de l’Economie, des finances et de la prospective a fait au Conseil une communication relative à la participation du Burkina au Forum 2024 sur le suivi du financement du développement prévu du 22 au 25 avril 2024 au siège des Nations unies à New York.

Le Forum pour le financement du développement est un cadre de rencontre qui offre une plateforme multilatérale et inclusive pour l’élaboration de politiques de financement à long terme afin de satisfaire les priorités du développement durable et mobiliser des actions en faveur des pays les plus vulnérables. Cette tribune des Nations unies constitue une opportunité pour le Burkina Faso de présenter ses nouvelles orientations de développement.

III. NOMINATIONS

III.1. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE, DE LA DECENTRALISATION ET DE LA SECURITE

- Monsieur Nassouri Norbert NAHINI, Mle 303 495 W, Conseiller des affaires culturelles, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Conseiller technique culture du Gouverneur du Centre-Est.

B. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES, DE LA COOPERATION REGIONALE ET DES BURKINABE DE L’EXTERIEUR

- Monsieur Jean BENGALY, Mle 59 725 L, Conseiller des affaires étrangères, 1ère classe, 12ème échelon, est nommé Ambassadeur, Inspecteur technique, en remplacement de Monsieur Isidore TARO ;

- Monsieur Dieudonné W. Désiré SOUGOURI, Mle 49 035 X, Conseiller des affaires étrangères, 1ère classe, 13ème échelon, est nommé Ambassadeur, Directeur de Cabinet ;

- Monsieur Seydou SINKA, Mle 59 727 V, Conseiller des affaires étrangères, 1ère classe, 12ème échelon, est nommé Ambassadeur, Chargé de mission ;

- Monsieur Manignan Roxane Adams MEDAH, Mle 97 443 T, Conseiller des affaires étrangères, 1ère classe, 10ème échelon, est nommé Ambassadeur, Chargé de mission ;

- Monsieur San Simon COULIBALY, Mle 118 864 R, Conseiller des affaires étrangères, 1ère classe, 9ème échelon, est nommé Ambassadeur, Expert au Bureau d’analyses stratégiques.

C. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE LA PROSPECTIVE

- Madame Wendemi Pauline TOE/SABA, Mle 104 288 G, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 11ème échelon, est nommée Chargée de mission.

D. AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES

- Monsieur Alassane NIKIEMA, Administrateur d’entreprise, Docteur en business administration, est nommé Directeur général de la Société burkinabè d’intrants et de matériels agro-pastoraux (SOBIMAP).

E. AU TITRE DU MINISTERE DE LA TRANSITION DIGITALE, DES POSTES ET DES COMMUNICATIONS ELECTRONIQUES

- Monsieur Pousseni BAKOUAN, Mle 394 852 C, Enseignant-chercheur, catégorie PA, grade initial, 3ème échelon, est nommé Expert au sein du Secrétariat permanent de l’Innovation et de la veille sur les technologies émergentes du numérique (SP/IVTEN).

F. AU TITRE DU MINISTERE DU DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL, DU COMMERCE, DE L’ARTISANAT ET DES PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES

- Monsieur Gnadewun Marie Valéry BAYALA, Mle 260 352 E, Conseiller des affaires économiques, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Directeur de la coordination des projets et programmes ;

- Monsieur Ali Badra PARE, Mle 303 468 L, Conseiller des affaires économiques, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur de la promotion et du développement des villages artisanaux ;

- Monsieur Relwêndé François 1er jumeau OUEDRAOGO, Mle 220 704 F, Conseiller des affaires économiques, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur de la règlementation, de l’organisation et de la coopération.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs aux Conseils d’administration :

- de la Société d’économie mixte dénommée « Textile des forces armées du Burkina Faso » (TEX FORCES-BF) au titre de la Présidence du Faso ;

- de la Société nationale de l’aménagement des terres (SONATER) au titre du ministère de l’Agriculture, des ressources animales et halieutiques ;

- de l’Agence nationale des systèmes d’information (ANSSI) au titre du ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques ;

- de la Société des fibres textiles (SOFITEX) au titre du ministère du Développement industriel, du commerce, de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises ;

- de l’Ecole nationale des travaux publics (ENTP) au titre du ministère des Infrastructures et du désenclavement ;

- de Burkina Yin-wisgr Meta (BYM) au titre du ministère des Sports, de la jeunesse et de l’emploi.

Le Conseil a également procédé à la nomination du Président du Conseil d’administration de la Société d’économie mixte dénommée « Textile des forces armées du Burkina Faso » (TEX FORCES-BF).

A. PRESIDENCE DU FASO

Le Conseil a adopté deux (02) décrets.

Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de la Société d’économie mixte dénommée « Textile des forces armées du Burkina Faso » (TEX FORCES-BF) pour un premier mandat de trois (03) ans.

ADMINISTRATEURS REPRESENTANT L’ETAT

Au titre de la Présidence du Faso :

- Monsieur Ismaël Kiswendsida Souampa DIAOUARI, Officier des forces armées nationales ;

- Monsieur Lancina DIALLO, Officier des forces armées nationales.

Au titre du ministère du Développement industriel, du commerce, de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises :

- Monsieur W. Jean Pierre GUINKO, Mle 105 231 L, Conseiller des affaires économiques.

Au titre du ministère de la Défense et des anciens combattants :
- Monsieur Yves Borèma BADO, Officier des forces armées nationales.

Au titre du ministère de l’Economie, des finances et de la prospective :

- Monsieur Issouf KINTINGA, Mle 216 196 A, Inspecteur des impôts.

Au titre du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale :

- Monsieur Pama SENI, Mle 212 530 N, Inspecteur du travail.

Au titre du ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité :

- Monsieur Adama DIANDA, Mle 211 712, Commissaire principal de police.

Au titre du ministère de l’Energie, des mines et des carrières :
- Monsieur Tarwindpanga Innocent SAWADOGO, Mle 89 39 A, Cadre de gestion.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LA SOCIETE BURKINABE DES FIBRES TEXTILES (SOFITEX)
- Monsieur Yacouba PARE, Mle 05 730.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LE PERSONNEL

- Capitaine Diane Mariam OUEDRAOGO.
Le second décret nomme Monsieur Ismaël Kiswendsida Souampa DIAOUARI, Officier des forces armées nationales, Président du Conseil d’administration de la Société d’économie mixte dénommée « Textile des forces armées du Burkina Faso » (TEX FORCES-BF) pour un premier mandat de trois (03) ans.

B. MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES

Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Madame Zourata KOALA/KABORE, Mle 212 664 W, Ingénieur du génie rural, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Environnement, de l’eau et de l’assainissement au Conseil d’administration de la Société nationale de l’aménagement des terres (SONATER) pour un premier mandat de trois (03) ans.

C. AU TITRE DU MINISTERE DE LA TRANSITION DIGITALE, DES POSTES ET DES COMMUNICATIONS ELECTRONIQUES

Le Conseil a adopté un décret portant nomination des personnes ci-après, Administrateurs représentant l’Etat au Conseil d’administration de l’Agence nationale des systèmes d’information (ANSSI) pour un premier mandat de trois (03) ans.

Au titre du ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques :

- Madame Haoua OUATTARA/DAMA, Mle 255 519 U, Ingénieur de conception en informatique.

Au titre du ministère de l’Economie, des finances et de la prospective :

- Monsieur Dané Bertin Dieudonné GOLANE, Mle 206 520 J, Ingénieur de conception en informatique.

D. MINISTERE DU DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL, DU COMMERCE, DE L’ARTISANAT ET DES PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES

Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Ahmadé Nour GUENDA, Mle 204 606 J, Economiste, Administrateur représentant le Fonds burkinabè de développement économique et social au Conseil d’administration de la Société des fibres textiles (SOFITEX) pour un premier mandat de trois (03) ans.

E. MINISTERE DES INFRASTRUCTURES ET DU DESENCLAVEMENT

Le Conseil a adopté un décret portant renouvellement du mandat de Monsieur Larba OUEDRAOGO, Mle 237 135 Z, Ingénieur géomètre, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Urbanisme, des affaires foncières et de l’habitat au Conseil d’administration de l’Ecole nationale des travaux publics (ENTP) pour une dernière période de trois (03) ans.

F. MINISTERE DES SPORTS, DE LA JEUNESSE ET DE L’EMPLOI

Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Salifou KOURAOGO, Cadre de banque, Administrateur représentant l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina au Conseil d’administration de Burkina Yin-wisgr Meta (BYM) pour un premier mandat de trois (03) ans.

Candidature pour la direction générale de l’ASECNA : le Tchad sollicite le soutien du Burkina

(Ouagadougou, 3 avril 2024). Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE a accordé une audience ce matin, à une délégation tchadienne conduite par le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, Mahamat Assouyouti ABAKAR. Le Tchad est candidat pour la direction générale de l’Agence pour la Sécurité et la Navigation aérienne en Afrique (ASECNA).

Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, Mahamat Assouyouti ABAKAR a donc indiqué être venu solliciter le soutien du Burkina Faso à la candidature du Tchad au poste de directeur général de l’ASECNA. Pour M. ABAKAR, « la candidature du Tchad à l’ASECNA, c’est avant tout une candidature pour la région du Sahel. Je tiens à remercier le Président pour son soutien sans équivoque ».

Mahamat Assouyouti ABAKAR a également transmis au Chef de l’Etat le message de fraternité et d’amitié du président tchadien. « Le Tchad a toujours été aux côtés du peuple burkinabè dans la poursuite de cette aspiration légitime du peuple burkinabè pour le développement économique et social », a t-il indiqué.

Les relations bilatérales ont aussi été évoquées au cours des échanges entre le Capitaine Ibrahim TRAORE et la délégation tchadienne. Mahamat Assouyouti ABAKAR a rassuré que les relations entre le Burkina Faso et le Tchad sont séculaires et au beau fixe.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

Coopération : Dr Pyrrhus Ouédraogo et Jacob Quartey, deux vétérans burkinabè vivant en Russie

Chef d’entreprise et enseignant de français, Dr Pyrrhus Ouédraogo et Jacob Quartey sont deux Burkinabè, considérés en Russie comme doyens de cette diaspora. Depuis 1974 et 1975, ces Burkinabè qui ont intégré la Russie, d’alors l’Union soviétique, sont bien ancrés aujourd’hui dans la vie nationale russe et travaillent à prêter main forte à tout Burkinabè qui désire venir dans ce pays. “Tous les Burkinabè seront les bienvenus à Moscou, notamment pour le business (nous sommes prêts à donner des conseils pratiques,…, nous sommes prêts à vous accueillir d’abord avec le zoom koom (boisson locale burkinabè, ndlr)”, lancent ces deux citoyens, rencontrés dans la ville de Moscou.

Dr Pyrrhus Ouédraogo vit en Russie depuis 1974. Il se souvient de cette époque de l’Union soviétique, qu’il retrace jusqu’à ce qui va donner aujourd’hui la fédération de Russie. “Au temps de l’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques), c’était compliqué ; vous finissez aujourd’hui (les études, ndlr), le lendemain, on vous donne votre visa et vous devez rentrer chez vous. C’est fini. Depuis l’éclatement de l’URSS, si vous finissez vos études, vous avez des facilités. Ceux mêmes qui finissent avec la mention Excellent, on peut leur donner la nationalité russe. C’est la nouvelle politique pour garder les cerveaux ”, explique l’homme d’affaires.

Mais, comment s’est-il retrouvé en Russie, et bien intégré, loin de son Burkina natal ? “J’ai été le premier administrateur du centre culturel soviétique à Ouaga. C’est de là que je suis venu ici. A l’époque, c’était ce qu’on appelait la coopération d’amitié entre les peuples. J’ai fait des études en finances (inspecteur des finances), ensuite un Master en sciences économiques, puis un Doctorat en sciences économiques et je suis spécialiste de la finance internationale. Maintenant, je dirige une entreprise qui s’occupe de visas Schengen, de tourisme et qui a des projets pour le Burkina, en ce qui concerne la grande chasse et la petite chasse, le tourisme visuel… Malheureusement, la situation sécuritaire n’aide pas à avancer comme on l’aurait souhaité. On a beaucoup de gens qui veulent partir au Burkina, malheureusement, la situation n’est pas gaie”, explique Dr Ouédraogo.

Pyrrhus Ouédraogo

Dans l’espoir d’un prompt retour à la quiétude pour déployer ses projets au Burkina, Dr Pyrrhus Ouédraogo observe qu’il y a beaucoup de commerçants qui sont très motivés au Burkina à venir en Russie. “Mais, on va s’organiser pour voir quels sont les voies et moyens ; parce que le plus grand problème, c’est l’assurance. Si quelqu’un vient ici et tombe malade, sans être assuré, c’est un problème. Mais tout cela, c’est technique. Donc, nous sommes en train d’étudier toutes ces possibilités-là. (…). Ici, si vous voulez créer une société, il n’y a aucun problème. Mais, il faut avoir de grands moyens, parce que la Russie, c’est une puissance. Nous sommes-là pour assister tous ceux qui veulent et donner des conseils. Nous sommes prêts comme consultant et tout, pour les Burkinabè qui voudraient venir pour le business ”, renseigne Dr Ouédraogo, encourageant la Chambre du commerce, le ministère en charge des entreprises ainsi que celui en charge du tourisme, à davantage prospecter dans ce pays d’accueil pour tirer le meilleur dans leur domaine respectif au profit du Burkina.

Des projets pour le Burkina

De l’axe Ouaga-Moscou, l’homme d’affaires apprécie la redynamisation diplomatique et souhaite que le Burkina tire, à travers divers secteurs d’activités, le meilleur du potentiel russe. “C’est la haute diplomatie qui bouge. Comme l’ambassade est maintenant complète, nous comptons sur nos compatriotes qui sont-là et sur le dynamisme de l’ambassade”, projette-t-il.

Jacob Quartey, lui, est enseignant de français et compagnon de Dr Ouédraogo, qu’il appelle d’ailleurs “camarade”, terme consacré en cette époque de la révolution démocratique et populaire. Il réside en Russie “depuis les années 75”. Il y est arrivé dans le cadre des études. “J’ai terminé les études, le troisième cycle et tout. Par suite de mariage, je suis resté. J’avais d’abord ouvert une entreprise commerciale, j’ai travaillé pendant un moment et dans les années 90, avec l’évolution, il était difficile de travailler. Surtout pour ceux qui avaient à l’époque des entreprises. Il y avait pas mal d’étrangers qui avaient des entreprises dans les années 75, mais avec les difficultés qui se sont posées, beaucoup ont perdu ce qu’ils avaient. D’autres ont pu s’associer et continuer leurs activités. J’étais un peu dans ce cas-là. Dieu merci, tout s’est bien passé ; j’ai pu travailler jusqu’à un certain moment. Après, il a fallu que je laisse tomber et entrer dans un autre domaine qu’est l’enseignement. C’est ainsi qu’aujourd’hui, je dispense des cours dans les écoles privées”, décline celui-là même qui, de par son nom (Quartey), n’hésite pas à relever avec brin de sourire, qu’il est originaire de la Boucle du Mouhoun.

Jacob Quartey

Dans un ton de nostalgie, l’enseignant de français remonte dans le temps. “On a connu l’URSS, on a vécu les évolutions jusqu’à aujourd’hui, la fédération de Russie. Lorsque le camarade Thomas Sankara est passé ici, j’ai eu à le rencontrer en tant que secrétaire général de l’organisation des étudiants. Donc, quand il est arrivé pour la première fois en Russie, j’étais parmi ceux qui l’ont accueilli à l’aéroport, avec sa délégation composée entre autres du ministre des affaires étrangères, le regretté Issouf Ouédraogo, de Valère Somé (paix à son âme). On a eu des échanges à l’époque, mais ce n’est pas allé très loin, avec tout ce qui s’est passé au pays après ’’, se remémore-t-il.

Lui également se réjouit du réchauffement des liens entre la Russie et le Burkina, dont il souhaite une excellente poursuite. “Autre chose que je voudrais souligner, j’aurais souhaité qu’au niveau des ressortissants burkinabè, on puisse s’organiser pour être reconnus aux niveaux de l’ambassade et du pays. Le but, c’est que lorsqu’il y aura des délégations officielles qui vont arriver, les anciens qui sont-là et qui ont l’expérience, qui connaissent bien ce qui se passe dans le pays, à l’image du camarde Pyrrhus Ouédraogo et moi qui avons vécu ici pendant des décennies, on a vu pas mal d’évolutions dans le pays et on en a tiré beaucoup de leçons, on soit prêt à donner des conseils par rapport à certains sujets (politiques, économiques, ainsi de suite)”, préconise-t-il.

Miser sur la formation des Burkinabè

Sur la gouvernance en cours au Burkina, et tout en soulignant suivre l’actualité de loin, M. Quartey se félicite de la trajectoire, mais souhaite que “nos dirigeants essaient d’élargir un peu les esprits. Je veux dire par là que d’essayer de voir grandement les choses, avoir une vision vraiment réelle des choses, de ce qui est à entreprendre et aller jusqu’à sa réalisation. C’est très important”.

C’est en cela qu’il loue l’idée de construction d’une centrale nucléaire, car pense-t-il que les États africains connaissent de réels problèmes en matière d’énergie. “Seulement, il serait souhaitable que, au regard des moyens que cela engage, on forme des gens qui puissent suivre cela. C’est très important, ce n’est pas quelque chose qu’il faut négliger. Si les dirigeants arrivent vraiment à pousser pour que les choses aillent dans le bon sens, c’est tout ce que nous attendons”, exalte M. Quartey.

Pour lui, resserrer donc les liens avec la Russie peut permettre de faire des pas qualitatifs dans puiseurs domaines (agriculture, industrialisation, sécurité…). “…Surtout la formation, parce qu’on en a vraiment besoin chez nous. Je pense que l’Etat doit mettre un grand accent sur ça ; former les gens et les former encore. Et dans tous les domaines possibles. C’est cela l’avenir”, recommande l’enseignant Jacob Quartey, pour qui, il y a nécessité de travailler à avoir également une assise économique.

O.L.O
Lefaso.net

Création de l’AES et retrait de la CEDEAO : « Au-delà même de ces trois pays, c’est une chance pour toute l’Afrique » (Dr Windata Zongo, enseignant, spécialiste en diplomatie)

La création de l’Alliance des États du Sahel (AES) et le retrait des trois pays (Burkina, Mali et Niger) de la CEDEAO suscitent autant d’interrogations pour les citoyens des pays concernés que des analyses sur les enjeux. Ces actes resteront pour longtemps encore, et pour diverses raisons, des sujets majeurs d’actualité. C’est ce que révèle également cette interview accordée par l’enseignant dans des universités et instituts publics au Burkina et en Europe, spécialiste en diplomatie, relations internationales et bonne gouvernance, Dr Windata Zongo.

Lefaso.net : Vous qui vous intéressez aux questions de géopolitique et de la vie des institutions internationales, avec quelle analyse avez-vous accueilli l’information, d’abord de la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et ensuite du retrait des trois pays (Burkina, Mali et Niger) de la CEDEAO ?

Dr Windata Zongo : D’abord, permettez-moi de formuler, même si ce n’est plus d’actualité, mes vœux d’une année marquée par encore plus de territoires reconquises et de populations sécurisées. Je profite aussi témoigner de la reconnaissance aux FDS (Forces de défense et de sécurité), aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et compatir à la douleur des familles de ces forces combattantes tombées dans les champs de bataille. Nous ne pourrons jamais assez leur témoigner la reconnaissance qu’elles méritent, pour s’être sacrifiées pour le peuple.

Pour revenir à votre question, je dirai qu’à partir du moment où le constat est fait que la CEDEAO est devenue empiriquement illégitime, et que les trois pays en avaient tiré la conclusion en créant l’AES (Alliance des États du Sahel), on ne peut donc pas être surpris de ce pas supplémentaire qu’est la sortie de l’organisation ; puisqu’ils ne se sentent plus concernés par elle et ce qu’elle entreprend. C’est juste la suite logique d’un processus qui, à mon avis, n’est pas encore achevé.

Une certaine opinion croit à un coup de bluff pour ce qui est du retrait de la CEDEAO, une façon pour ces trois pays qui vivent tous une transition avec des militaires, de se soustraire des contraintes des organisations internationales et négocier des faveurs. Mais au regard des discours hostiles dans les trois pays de l’AES, peut-on dire aujourd’hui que la rupture avec la CEDEAO est consommée ?

Ceux qui pensent cela ont certainement des raisons d’émettre cette hypothèse. Moi, je crois que c’est simplement une volonté de s’organiser autrement dans l’objectif de lutter de manière efficace contre ce phénomène du terrorisme dans le court terme. Dans les moyen et long termes, il s’agit pour ces pays de penser autrement un modèle de gouvernance communautaire, surtout avec cette décision insensée de la CEDEAO sur le dossier du coup d’État nigérien. Et donc, effectivement, il y aura une rupture verticale avec la CEDEAO. Je crois toutefois que des interactions de type horizontal seront actionnées avec la CEDEAO dans le cadre de l’AES.

Quels sont les scenarii possibles, en termes d’évolution, tant pour ce qui est du retrait de la CEDEAO que de l’avenir même de l’AES ?

Mais à partir du moment où ils sont sortis de la CEDEAO, la logique est qu’ils soient dans l’objectif d’une consolidation multidimensionnelle de l’AES, de sorte à ce qu’elle soit ce que la CEDEAO aurait dû être, à savoir un ordre sécuritaire sous-régional assumant empiriquement son rôle. Même si ici, on parlera plutôt d’un ordre sahélien. Le ministre malien des Affaires étrangères a d’ailleurs déclaré cela lorsqu’une question lui avait été posée sur la CEDEAO.

Dans des interviews que vous nous avez accordées entre 2016 et 2020, vous souligniez la nécessité pour les institutions sous-régionales (CEDEAO, CEMAC…) et continentale (UA) de jouer pleinement leur rôle dans la construction des États, pour être en phase avec leurs populations. Concrètement, qu’est-ce qui fait la faiblesse de ces organisations africaines et que faut-il pour combler les insuffisances ?

Mais je confirme ma position. Et d’ailleurs, l’actualité géopolitique ouest-africaine confirme ce que je craignais. Toute analyse faite, on voit que cette structure régionale et les ordres sous-régionaux africains ne sont juste que des forums de chefs d’État, lesquels ne se préoccupent pas réellement des aspirations des populations. Pour le cas de l’UA (Union africaine), les jeux de puissances en son sein ne permettent pas une harmonisation en matière de prise de décision. Je peux citer ici des rivalités Afrique du Sud-Égypte, Algérie-Maroc, Afrique du Sud-Nigeria… ; tout cela nous avait coûté une option claire et régionale contre la volonté française d’envahir la Lybie par exemple, et il y a d’autres cas.

Pour la CEDEAO, je crois que la charte de Dakar sur la bonne gouvernance constitue le principal problème. Il ne faut pas simplement demeurer dans le normativisme en décrétant qu’il faut instaurer la démocratie. Il faut aussi dresser un arsenal coercitif dissuasif contre la mauvaise gouvernance, parce que tous les régimes démocratiques renversés depuis là avaient certes la légitimité des urnes, mais dans la gestion du pouvoir, c’était le chaos. Vous savez, si vous gouvernez bien avec des politiques de redistribution claires et une transparence dans la gestion des ressources de l’État, sans clientélisme ni corruption, l’idée même du coup d’État ne viendrait même pas dans la tête d’un militaire à plus forte raison son encensement par les populations, comme on a pu le voir ici, mais aussi au Mali, au Gabon et au Niger. Donc, il faut que ces structures mettent l’accent sur le modèle de gouvernance, ne pas se contenter de citer, de condamner les seuls coups d’État militaires et fermer les yeux sur les coups d’État constitutionnels et la mal-gouvernance avec un arsenal coercitif dissuasif. C’est ce que les populations attendent de ces ordres.

Au-delà de celles africaines, il n’y-a-t-il pas une véritable crise entre les institutions de façon générale et les populations, lorsqu’on sait que les forces de l’ONU ont été déclarées non-grata au Mali et récemment au Congo, pour insuffisances de résultats ?

Oui, mais c’est la même situation de jeux de puissances dans cette organisation et la capacité qu’un État a, à l’utiliser pour son intérêt national, tout en brandissant l’argument d’une contribution en faveur de la sécurité internationale, comme cela est souvent le cas dans les dossiers où des grandes puissances ont des intérêts. On se rappelle du cas de la Côte d’Ivoire avec l’ONUCI que le régime du président Gbagbo critiquait. Les petits États ne sont plus dupes. Tout ce qui arrive est le résultat d’une bonne lecture de la situation des gouvernants de ces pays.

Le retrait des trois pays de l’AES peut-il avoir un impact négatif sur la CEDEAO ?

Bien-sûr ! Déjà, en termes d’image, c’est le résultat d’un échec de la posture de l’intégration. Ensuite, dans le champ géopolitique, vous voyez clairement que la CEDEAO perd son poumon, qui est le Sahel. Donc, plus de possibilité de faire la jonction avec le grand Moyen-Orient. Enfin, le modèle économique en prend aussi un coup. Mais c’est dans les deux sens.

Certains analystes pensent que le fait de ne plus avoir de débouchés maritimes est déjà un inconvénient majeur pour les pays de l’AES. Quelle est votre analyse par rapport à cela ?

Ces analystes ignorent un fait : il ne s’agit pas ici d’une dépendance, mais plutôt d’une interdépendance. Ce qui veut dire que chacun a besoin de l’autre. Si vous avez la mer et que personne ne vient, dites-moi, comment vous rentabilisez les investissements ? Vous remarquerez d’ailleurs le changement de discours du président Talon (Patrice, président du Bénin, ndlr) à ce sujet, avant même la levée des sanctions de la CEDEAO. Rappelez-vous aussi que ce discours avait été brandi par les gouvernants ivoiriens durant la crise du début des années 2000 avec le Burkina Faso, mais au finish, le directeur général du port autonome d’Abidjan avait fait le déplacement à Ouaga, spécialement pour renouer avec le Burkina Faso. Je dirai même que ce sont les pays de l’AES qui sont en position de force, dans la mesure où ils ont la possibilité de discuter avec quasiment tous les pays membres de la CEDEAO actuelle ; puisqu’ils disposent tous d’un accès à la mer et ont besoin de partenariats.

On assiste, ces dernières années, à une sorte de ruée des puissances (Russie, Turquie, Chine…) vers le continent africain, dans une sorte de bataille avec des partenaires traditionnels. La création de l’AES et le retrait de la CEDEAO ne sont-ils pas finalement la conséquence de la rivalité entre puissances plutôt que des actes qui procèdent vraiment d’une vision des trois dirigeants au Burkina, Mali et Niger ?

La création de l’AES est une initiative diplomatique de ces trois pays et on ne peut pas leur enlever cela. Cette initiative est favorisée par la reconfiguration de l’espace géopolitique mondial, marqué par l’équilibrage de la puissance. Les relations internationales ne sont plus occidentalo-centrées. Vous avez les puissances révisionnistes qui ont travaillé à créer un multilatéralisme de contestation qui a fait ses preuves dans les champs diplomatiques, mais surtout économico-financiers. Je pense que cette situation, au-delà même de ces trois pays, est une chance pour toute l’Afrique. Il faut diversifier les partenariats plutôt que de demeurer dans un système traditionnel asymétrique et qui a montré ses limites. Et si cela n’est pas incompatible avec les aspirations de puissances révisionnistes, c’est de bonne guerre pour nos États, même si certains y voient plus une conflictualité proxy de nations expansionnistes.

Pour une certaine opinion, derrière la CEDEAO se cache la France ; et derrière l’AES, la Russie. Votre commentaire ?

Que la France soit derrière la CEDEAO est su, parce que le président français lui-même l’a implicitement fait savoir dans ses déclarations. J’attends pareille intervention des gouvernants russes pour pouvoir affirmer que ce pays est effectivement derrière l’AES. Pour le moment, je n’en ai même pas la présomption. Mais c’est une hypothèse qui, si elle se réalise, contribuera à équilibrer les relations entre ces deux institutions.

La Russie est la puissance la plus en vue et la plus cotée dans cette situation ; d’ailleurs, le pays avait déjà annoncé son retour sur le continent à la faveur du premier sommet Russie-Afrique en juillet 2019. Les États africains peuvent-ils bénéficier de cette puissance, ce qu’ils n’ont pas reçu des autres ? Autrement, quel est l’avantage pour un État africain en voie de développement d’opter pour la Russie au lieu des partenaires traditionnels ?

Toute nation économiquement puissante et aspirant à la sécurisation de ses approvisionnements est obligée de se tourner vers l’Afrique, à cause de l’abondance des ressources naturelles. Il n’y a pas que la Russie ou les partenaires traditionnels. Maintenant, existe une multitude de sommets entre l’Afrique et plusieurs pays : Russie, France, Turquie, Japon, Chine, Inde, Arabie Saoudite, … L’Afrique doit donc avoir conscience de n’être plus la périphérie, mais plutôt le centre du monde et doit, de ce fait, travailler à accroître ses marges de manœuvres dans les négociations ; puisqu’elle est en position de force. Et pas seulement avec les partenaires traditionnels ou la Russie, mais avec l’ensemble de ces pays demandeurs.

Il y a des sanctions européennes qui pèsent sur la Russie, du fait de la guerre qui l’oppose à l’Ukraine, un conflit dont la fin n’est visiblement pas pour demain. Ces sanctions ne vont-elles pas porter un coup à l’ancrage russe, notamment en termes d’accompagnement aux États africains qu’elle est en train de ‘‘conquérir’’ ?

Pas du tout. Vous savez, la stratégie russe est loin d’être un feu de paille. C’est quelque chose qui a été élaboré depuis le début du millénaire avec la mise en place de ressources nécessaires, tant dans les champs financier et économique que diplomatique, militaire et médiatique. Ils bénéficient, en plus de cela, de circonstances historiques favorables en Afrique francophone. Ils sont prêts, comme le montre la stabilité de l’économie qui subit les sanctions internationales, parce que les plages de sanctions qu’ils connaissent parfaitement ont été anticipées.

Par exemple, ils ne sont pas dans le système Swift, ils ont la NDB comme banque, et continuent de commercer avec leurs partenaires qui, eux, n’utilisent pas le dollar pour la grande majorité et n’ont plus peur des tentatives d’intimidation. Vous vous souvenez du gouvernant indien dont le pays est un grand importateur du pétrole russe, qui a répondu à une injonction du président américain Joe Biden en visite sur place, en indiquant que le temps où on pouvait leur dicter ce qu’ils devaient faire est révolu. L’interdépendance aussi fait que les sanctions impactent beaucoup d’entreprises européennes commerçant avec la Russie et qui commencent à faire du lobbying auprès des gouvernants pour que cela prenne fin, comme c’est le cas en Allemagne, en France et en Pologne.

Les tentatives d’intimidation contre les gros partenaires russes sont restées vaines… Et vous voyez que les investissements russes et les ressources pour l’expansion en Afrique n’ont pas décru en Afrique. Non, je ne pense pas que les sanctions auront un impact sur l’offensive russe en Afrique. Ils sont économiquement prêts pour supporter cela dans la durée. Quid de l’Europe ? On verra avec l’inflation galopante et la montée de la grogne sociale.

Les pays de l’AES disposent-ils effectivement de ressorts pour pouvoir tirer profit de cette ruée des puissances-là ? En clair, il ne s’agit-il pas en réalité de quitter un cercle vicieux pour un autre, si les conditions ne sont pas réunies ?

D’abord, ils ont tout ce qu’il faut comme ressources naturelles et humaines pour cela. En plus, comme je vous l’ai dit, les circonstances géopolitiques le permettent. Enfin, il n’existe pas une autre occasion historique de réduire cette domination française tant décriée par les élites politiques de ces pays-là que celle qui vient de se présenter.

Comme les autres puissances, la Russie est intéressée par les ressources naturelles du continent, nécessaires au soutien de la production dans son secteur industriel (manganèse, bauxite, diamant…), et aux secteurs à forte croissance sur le continent (télécommunications, ouvrages hydro-électriques, chemin de fer…). À cela s’ajoute une politique persuasive qui a consisté à supprimer, en mars 2018, une dette de 20 milliards $ contractée par des pays africains (selon une publication en janvier 2018 de la revue diplomatique africaine 2018). Ce qui fait dire à certains observateurs que l’Afrique n’est pas sortie de l’auberge. Que faut-il donc aux États africains pour réellement tirer dividendes de leurs richesses dans ce jeu de repositionnement des puissances ?

Ce que vous dites est vrai et a même été reconnu sans gants par le ministre russe des affaires étrangères à l’ONU, l’an dernier, lorsqu’il a affirmé que les Russes sont intéressés au même titre que les Occidentaux par les matières premières en Afrique. La différence est que le discours ne se fait pas dans une logique commandement-obéissance comme c’est très souvent le cas avec l’Occident. Cela se fait dans un discours franc qui respecte la volonté des gouvernants africains. Il existe certes une asymétrie dans la relation qui est preuve de domination, mais on passe quand même d’une domination subie à une domination voulue, dans la mesure où ce sont les États qui choisissent le partenaire et les besoins ; et cela constitue déjà une avancée dans la quête de la souveraineté.

Un de nos lecteurs, qui avoue s’inquiéter du ‘‘tout militaire’’ dans la conception de la lutte anti-terroriste, notamment au Burkina, m’a transféré ce passage tiré d’une interview que vous nous avez accordée en janvier 2017 sur l’actualité nationale, marquée alors par la généralisation des attaques terroristes : « On a deux types de solutions : soit on passe par la coercition, soit par la négociation. La coercition soigne juste les symptômes. Par contre, la négociation est beaucoup plus profonde. Je pense que c’est cette méthode-là qu’il faut. Bien entendu, quand les actions se radicalisent, l’État doit aussi apporter des réponses radicales. Toutefois, je pense que la question sécuritaire dans la zone du Sahel est antérieure à la création des États dans cette zone. La préoccupation, c’est comment trouver une solution durable à ce problème. Comment, à partir d’un pays comme le Mali, le Niger…, on peut trouver des solutions endogènes, de telle sorte que les gens ne soient pas obligés de traverser les frontières pour venir s’en prendre aux populations burkinabè. La question ne concerne pas seulement les gouvernants du Burkina mais, d’une manière globale, tous les pays de la zone. Je pense qu’il faut plus impliquer dans les négociations, les acteurs des mouvements insurrectionnels ; parce qu’en définitive, les revendications sont d’ordre sociétal et historique. En ce moment, l’heure est à la sécurisation des populations contre ces attaques terroristes, mais sur le long terme, que faire ? La coercition permet de lutter contre le basculement dans le terrorisme, elle permet de régler le problème du désordre régnant en ce moment dans la zone du Sahel, mais résout-elle en profondeur la question sociétale ? Je pense que dans cette perspective, la négociation ne doit pas être mise au placard au profit exclusif de la violence légitime ». Quel est le commentaire que vous pouvez aujourd’hui faire de ce passage, au regard de la situation sécuritaire actuelle, non seulement au Burkina, mais également dans les deux autres États (Mali, Niger) que vous avez évoqués dans ladite interview ?

Cette question m’a même été posée il y a quelques jours en cours. Pour répondre, permettez-moi d’abord de rectifier une chose qui est que la stratégie actuelle du gouvernement n’est pas le tout militaire. La partie non-coercitive existe et est laissée à l’appréciation des terroristes. Celui qui dépose les armes et qui fait acte de reddition est accueilli dans des centres de réinsertion sociale qui existent bien et qui prestent. Vous avez même vu un reportage de la RTB, il y a quelques mois, montrant des cas de terroristes dans cette situation et qui ont même appelé leurs ex-collaborateurs au dépôt des armes et à revenir dans le droit chemin. Ce qui veut dire que l’État, dans sa stratégie, utilise le bâton et la carotte. Pour la seconde partie de votre question, je vous dirai comme je le répète toujours qu’il faut contextualiser. Si vous faites une analyse sociologique de cette conflictualité, que ce soit ici ou au Mali, vous verrez qu’il y a deux grandes étapes. Une première durant laquelle des groupes terroristes assumaient les attaques qui étaient le plus souvent contre les forces de défense et de sécurité et les autres symboles de l’État, et avec des revendications irrédentistes. Cela veut dire que l’origine du problème est sociétale.

C’est durant cette époque que l’interview avait été faite et effectivement dans ce cas de figure, il faut penser à la négociation à cause de son coût en vies humaines et en ressources et de la valeur ajoutée qu’elle offre, puisque l’interlocuteur est connu, les revendications aussi. Là, on parvient au mieux à un consensus ou, au pire, à un compromis ; mais en tout cas, à une œuvre commune. En ce moment, nous assistons à une seconde étape avec des attaques massives sur les populations, des interlocuteurs qui ne s’assument pas et des dégâts psychologiques importants sur la société qui demande que l’État assume son rôle qui est de garantir la sécurité, quoi qu’il en coûte. Cela légitime l’approche militaire qui est la partie importante de la stratégie globale. Mais elle n’est pas l’unique option sur la table.

L’Afrique peut-elle, au stade actuelle, se passer de l’expertise occidentale en matière de lutte contre le phénomène terroriste ?

Comment expliquez-vous alors le fait que les partenariats noués par les États sahéliens et qui ont un impact positif sur le terrain soient du sud global ? Nos États sont capables d’en finir avec ce phénomène et vont le faire. Nos forces de défense et de sécurité disposent de ressources humaines légitimes pour cela. C’est l’absence de moyens logistiques qui crée les problèmes, comme on a pu le voir dans les pays du Sahel. Avec de la logistique de pointe, pas besoin d’aller voir chez Paul ou Pierre pour des questions de stratégie.

Au Soudan, à l’Est du Congo, au Nigeria, en Libye, pour ne citer que ces pays, des crises, les unes aussi vieilles que les autres, persistent, dans une impuissance, voire indifférence, des organisations régionales et continentale africaines. Que pensez-vous finalement de ce manque d’intérêt sur le continent vis-à-vis de ces conflits qui fouettent ces États africains ? Quelles peuvent être les solutions pour mettre fin à la souffrance des populations concernées ?

Vous avez même oublié le terrorisme au Burkina Faso et au Mali dans cette liste. Je vous renvoie à la conclusion des travaux du sommet de l’Union africaine d’Accra en 2007 au cours de laquelle ce débat avait déjà eu lieu et pour lequel, le président Compaoré avait préconisé la consolidation des ordres sous-régionaux pour plus d’efficacité dans la gestion des crises. Et il n’avait rien inventé en disant cela, puisque la subsidiarité est le principe même de la charte de l’ONU dans la résolution des conflits, mais il avait constaté une volonté de certains chefs d’État de l’époque de sauter cette étape pourtant importante. Je m’aligne sur cet avis et pense que pour ce faire, il faudrait, dans cette consolidation des ordres sous-régionaux, travailler à ce qu’ils se légitiment empiriquement. Sinon, on parviendra à des coquilles vides comme l’est la CEDEAO actuelle et cela se répercutera par une indifférence de ces structures sur la question de la résolution des conflits, alors que cela fait pourtant partie de leur prétention de posture.

Au moment où nous réalisons cette interview, le président russe, Vladimir Poutine, vient d’être réélu par un score écrasant. Quel impact peut avoir cette réélection dans les relations internationales, en particulier sur le continent africain ?

Dans le champ des relations internationales comme en Afrique, je dirai que c’est une continuité.

À vous les derniers mots pour clore…

En dehors de l’effectivité de la reconquête intégrale du territoire, je voudrais juste dire bravo au gouvernement pour la politique agricole entreprise. On voit un dynamisme à ce niveau et c’est vraiment encourageant. C’est quelque chose de primordial pour tout pays, surtout le nôtre. Aucun pays ne peut aspirer au développement voulu sans une politique agricole audacieuse. Regardez les politiques agricoles des BRICS, lesquelles s’inspirent de celles initiées des décennies plus tôt par les grandes puissances qui ont d’ailleurs longtemps utilisé ce champ à des fins diplomatiques. Toute souveraineté commence par le champ alimentaire et, là, vraiment on ne peut que se réjouir de cette volonté gouvernementale d’accorder à l’agriculture le rôle qui lui revient dans le champ économique. On voit le ministre Sombié qui ne ménage aucun effort pour ce faire, avec les autres intervenants dans la réalisation de la politique publique. Vraiment, cela nous réjouit tous et on prie Dieu qu’en plus de la reconquête complète du territoire qui ne saurait tarder, l’objectif de cette politique agricole soit bientôt un succès total et durable.
Interview réalisée en ligne par

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

Nucléaire : « Les centrales sont construites en fonction des spécificités. Pour les pays du sahel, ce sont des centrales modulaires » (responsables de Rosatom)

En marge du XIIIè forum international sur l’énergie nucléaire (Atomexpo-2024), l’Agence fédérale de l’énergie atomique, Rosatom, a organisé avec des journalistes invités à travers le monde, jeudi, 28 mars 2024, une immersion dans son usine de construction mécanique (ZiO-Podolsk), située dans la ville de Podolsk, au sud de Moscou.

Cette séance a pour but de permettre aux journalistes invités au forum international sur l’énergie nucléaire, dont il (Rosatom) est d’ailleurs l’initiateur, de comprendre le processus de production du nucléaire et de découvrir le dispositif technologique mis en place à cet effet. ZiO-Podolsk se présente comme spécialiste en équipements, développement et en approvisionnements en centrales et énergie nucléaires, et dont la construction de la première centrale nucléaire remonte à 1952-1954.

Ici à Podolsk, l’entreprise du géant du nucléaire déroule des activités depuis 105 ans maintenant (en mai 2024, elle fêtera son 105è anniversaire, selon ses responsables).

Le directeur général de Zio-Podolsk, Anton Lebedev.

Après une séance de briefing sur la vie et le fonctionnement de l’entreprise, ses réalisations à travers le monde, ses projets en cours et les perspectives, faites par le directeur général, Anton Lebedev, et ses proches collaborateurs, les hôtes ont eu droit à une visite guidée dans les ateliers de la chaîne de fabrication des réacteurs et autres pièces du nucléaire.

Rosatom, ce sont au total onze grands ateliers, auxquels s’ajoutent des sous-ateliers. Quatre domaines de compétences : les centrales électro-nucléaires, les centrales thermiques, les centrales pour les navires et le matériel pour le ministère de la défense.

La séance de briefing a permis aux journalistes venus à travers le monde, de poser, et sans tabou, de nombreuses questions sur le sujet.

« Les dernières méthodes de gestion et d’ingénierie industrielle, ainsi qu’un personnel hautement qualifié assurent la qualité et la fiabilité du matériel fabriqué. Les équipements de l’usine fonctionnent dans plus de 50 pays. Le personnel de très grandes compétences », présentent les responsables de l’entreprise, qui n’ont de cesse souligné le mérite de cette technologie, tant pour les pays développés que ceux en voie de développement.

Ils expriment la certitude que l’énergie nucléaire peut faire l’épanouissement des populations à travers le monde.

« Il reste dans le monde, des endroits considérables qui sont privés d’accès à électricité. Dans certains d’entre eux, la construction de grandes centrales électriques n’est pas justifiée du point de vue économique, et dans d’autres, cela est impossible, en raison de spécificités fonctionnelles. Dans de tels cas, le SNPP (Petites centrales nucléaires) peut être la seule solution, et la demande pour de telles centrales nucléaires connaît une tendance à la hausse. Aujourd’hui, la société d’État Rosatom propose donc à ses clients, de petites centrales nucléaires, en versions terrestre et flottante (sur l’eau, ndlr) basées sur des réacteurs de pointe », renseignent les dirigeants de ZiO-Podolsk.

Ici, le chargé de productions pour la centrale nucléaire, Kiselev Sergei, qui a conduit la visite, présentant une des composantes d’un réacteur en construction.

Quid des pays sahéliens comme le Burkina ?

« Le processus de fabrication prend en compte la spécificité des zones, à hauteur du choix des matériaux qui vont être retenus pour faire telle ou telle pièce, de manière à aboutir au résultat escompté. Ce qui est absolument nécessaire, quand on se met à la fabrication de l’ensemble des réacteurs, c’est de bien prendre en compte tous les détails spécifiques du climat, et après avoir fait de la prospection sur les spécificités de la zone, comme celle du Burkina Faso. Pour des pays comme le Burkina, ce sont donc les petites centrales modulaires qu’on adapte au contexte. Aujourd’hui, nous avons même lancé un projet de fabrication de ce type de centrale, centrale modulaire.que nous allons mettre ici en Russie, car le pays a des régions très éloignées de sources d’eau », explique le directeur adjoint en charge de l’électronucléaire et le développement de produits nouveaux, Valentin Saransky, suite à une question en lien avec l’option du gouvernement burkinabè d’aller au nucléaire.

Valentin Saransky

« Les centrales sont donc construites au besoin. Pour les pays qui ont des débouchées maritimes, ce sont des centrales flottantes et pour les pays sans débouchées maritimes, ce sont les centrales modulaires », dévoile-t-on au cœur du nucléaire.

Bien avant, c’est le premier directeur général adjoint en charge du développement de l’entreprise et des affaires internationales de Rosatom, Kirill Komarov, qui, à la faveur de la conférence de presse bilan du XIIIè forum international sur l’énergie nucléaire, estimait que “le nucléaire est parfaitement jouable avec des contextes différents’’.

Il soutient qu’en plus d’être de l’énergie pure, qui respecte l’environnement, le nucléaire a l’avantage de ne pas faire recours au carburant avec ses risques de variation des prix ou soumis aux caprices du climat. « L’énergie nucléaire n’est pas dépendante de la météo, du vent, du soleil. L’Afrique a besoin de projets nucléaires. Tous les pays du monde passent par le même processus ; au début, les gens ont toujours peur et c’est normal. Mais l’approche de Rosatom consiste à pouvoir donner des informations justes, honnêtes aux populations. Les règles de sécurité sont strictes », vante Kirill Komarov.

Des ingénieurs en pleine construction dans un atelier.

Les dirigeants de Rosatom se veulent également rassurants en ce qui concerne le volet sécurité, en relevant que le dispositif prend en compte également toutes les recommandations de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). « Tous les risques liés à l’exploitation d’une centrale nucléaire sont pris en compte dans l’étape de la prospection (les études de faisabilité tiennent compte du contexte, y compris sécuritaire, d’éventuels accidents, des intempéries, etc.) », détaille-t-on.

En ce qui concerne la gestion de la technologie nucléaire, les responsables de Rosatom ont leur politique, qui consiste à doter les Etats eux-mêmes de capital humain. « Nous misons sur la formation des ressources humaines. Ce sont environ 5 000 étudiants africains qui sont actuellement en formation dans les universités russes dans des segments du nucléaire. Le nucléaire, ce n’est pas une boîte noire qui sera exportée en Afrique. Au Burkina, ce sont des Burkinabè qui vont être formés pour gérer la centrale », a étalé Kirill Komarov.

O.L.O.
De Podolsk, Russie
Lefaso.net

Direction générale de l’UNESCO : Le candidat égyptien Khaled EL-ENANY sollicite le soutien du Burkina

(Ouagadougou, 28 mars 2024). Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE a reçu en audience ce jeudi après-midi, Khaled EL-ENANY, ancien ministre en charge du Tourisme de la République arabe d’Egypte et candidat au poste de directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO).

L’ancien ministre égyptien a indiqué être actuellement dans une tournée africaine pour rencontrer les autorités des différents pays en vue d’échanger avec eux sur son programme électoral.

« Je viens d’arriver au Burkina et j’ai eu l’honneur d’être reçu par son Excellence le Président de la Transition. Je lui ai présenté ma candidature, partagé avec lui les grandes lignes de ma vision électorale et demandé à son Excellence de soutenir ma candidature en tant que candidat africain », a indiqué Khaled EL-ENANY à sa sortie d’audience.

Selon lui, il a également échangé avec le Chef de l’Etat sur les aspirations, les enjeux et les attentes du Burkina Faso en matière d’éducation, de science et de culture dans l’optique de les inclure dans son programme.

Au cours de son séjour au Burkina Faso, Khaled EL-ENANY va également rencontrer le ministre d’Etat, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme et le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur.

L’élection du nouveau directeur général de l’UNESCO aura lieu en 2025.

Direction de la Communication de la Présidence du Faso

Burkina : L’émergence de l’AES au cœur du premier CASEM du ministère des Affaires étrangères

La première session ordinaire de l’année 2024 du Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) du ministère des Affaires étrangères, de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur s’est tenue ce mercredi 27 mars 2024. La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le premier responsable du département, Karamoko Jean-Marie Traoré.

Conseil de ministres oblige, les travaux de cette première session ordinaire du Conseil d’administration du secteur ministériel du ministère des Affaires étrangères, de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur a débuté dans la matinée sans le ministre, empêché en raison de l’hebdomadaire rencontre de l’exécutif.

C’est dans l’après-midi que Karamoko Jean-Marie Traoré a marqué de sa présence le cérémonial d’ouverture. Organe participatif d’administration, de gestion, d’évaluation et de projection, le CASEM permet aux travailleurs du ministère des Affaires étrangères de faire le bilan des réalisations de 2023, de réfléchir sur les actions futures afin de relever les défis qui se présenteront au département en charge de la diplomatie. Lors de la dernière évaluation des membres du gouvernement par le Premier ministre, le département dirigé par Karamoko Jean-Marie Traoré s’en est sorti avec un taux de performance de 83% en 2023.

Le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean-Marie Traoré, saluant ses collaborateurs à son arrivée pour le cérémonial d’ouverture

Le rôle de la diplomatie dans l’émergence de l’Alliance des États du Sahel et dans la lutte contre le terrorisme sont notamment les principaux points au menu de ces échanges. Cette session ordinaire se tient sous le thème : « Enjeux de l’émergence de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans le contexte de la lutte contre le terrorisme : Rôle de la diplomatie ».

Selon le ministre Karamoko Jean-Marie Traoré, ce thème d’actualité permettra aux participants d’examiner et d’appréhender les enjeux de cette nouvelle organisation qu’est l’AES et de dégager la place et le rôle que doit jouer la diplomatie pour son opérationnalisation effective. « En effet, le 16 septembre 2023, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont décidé souverainement de mettre en place un mécanisme de coopération stratégique et dynamique, une architecture de défense collective et d’assistance pour faire face à leurs problèmes communs », explique-t-il.

Karamoko Jean Marie Traoré, ministre des affaires étrangères a assuré que son département jouera sa partition pour l’opérationnalisation et l’atteinte des objectifs de l’AES

« Comme vous le savez, notre sous-région et particulièrement la zone sahélienne est confrontée depuis des décennies à une crise sécuritaire causée par l’hydre terroriste. Cette crise aux conséquences multiples, multiformes et multidimensionnelles, impacte tous les efforts de développement des pays de la zone. Aussi, la conjecture internationale, régionale et sous-régionale, la méfiance et les appréhensions de certains partenaires et organisations vis-à-vis des régimes de transition en cours dans les trois pays nous amènent à trouver des solutions endogènes pour faire face aux défis sécuritaires et de développement », a ajouté Karamoko Jean-Marie Traoré.

Pour le ministre burkinabè des affaires étrangères, au regard de ce contexte national, régional et international, la création de l’AES présente sans doute de nombreux défis mais aussi des enjeux majeurs d’ordre politique, sécuritaire, économique et de développement. « En prenant l’engagement de garantir l’intégrité territoriale de ses Etats membres, leur souveraineté politique et économique, l’AES, à travers sa vision et ses objectifs, nécessite d’être promue et appropriée par les populations concernées », précise Karamoko-Jean-Marie Traoré.

Les participants à cette cérémonie d’ouverture

De ce fait, le chef de la diplomatie burkinabè indique que la diplomatie de ces trois pays doit s’investir davantage pour faciliter ce processus de promotion et d’appropriation des idéaux de l’AES, d’œuvrer à son opérationnalisation effective, susciter l’adhésion individuelle et collective des citoyens de ses pays membres, mobiliser les ressources et les énergies pour son affirmation en tant que force de coopération, d’assistance mutuelle et de développement.

Photo de famille

Le Burkina Faso y est pleinement engagé. Karamoko Jean-Marie Traoré a assuré que son département, au regard de ses missions et attributions, jouera pleinement sa partition pour l’opérationnalisation, le fonctionnement et l’atteinte des objectifs de l’AES.

Mamadou ZONGO
Lefaso.net

Compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 27 mars 2024

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 27 mars 2024, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 13 H 58 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président de la Transition, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

I. DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DE LA PRESIDENCE DU FASO

Le Conseil a adopté un rapport relatif à une autorisation pour le remplacement de l’attributaire du marché d’acquisition de trieuses optiques.

Le Gouvernement du Burkina Faso a adopté en Conseil des ministres le 31 mai 2023, l’Initiative présidentielle pour la production agricole 2023-2024. Dans le cadre de la mise en œuvre de cette initiative, il est prévu l’acquisition de trieuses optiques pour l’atteinte des objectifs de la composante « Initiative d’urgence pour l’intensification de la riziculture au Burkina Faso sur 4000 hectares ».

Pour ce faire, un marché d’un montant total de cent quatre-vingt-trois millions soixante-huit mille neuf cent sept (183 068 907) F CFA TTC a été attribué à l’entreprise ANHUI Wentao Intelligent Photoelectronic Technology Co. Ltd. qui a exigé le paiement par avance de l’intégralité du montant de la commande avant tout début d’exécution. Cependant, cette procédure de déblocage des ressources telle que souhaitée par l’attributaire ne respecte pas la règlementation des marchés publics et des délégations de service public.

Le Conseil a donc décidé du retrait du marché et sa réattribution à l’entreprise Nema Agricole du Faso (NAFASO) pour un montant de cent quatre-vingt-trois millions soixante-huit mille trois cent quatre-vingts (183 068 380) F CFA TTC, avec un délai d’exécution de quatre-vingt-dix (90) jours.

Le financement est assuré par le budget de l’Etat, exercice 2024.

I.2. AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS

Le Conseil a adopté un décret portant prorogation de la durée de la mobilisation générale et mise en garde.

Le Gouvernement du Burkina Faso, au regard de la situation sécuritaire qui prévaut sur le territoire national, a décrété la mobilisation générale et mise en garde à travers le décret n°2023-0475/PRES-TRANS/PM/MDAC/MATDS/MJDHRI du 19 avril 2023 portant mobilisation générale et mise en garde pour une période de douze (12) mois.

Cette période de mobilisation générale et mise en garde expire le 18 avril 2024, d’où la nécessité de la proroger afin de consolider les acquis et de poursuivre la lutte contre le terrorisme dans notre pays.

L’adoption de ce décret permet la prorogation de la période de mobilisation générale et mise en garde de 12 mois, pour compter du 19 avril 2024 à zéro heure, afin de continuer la mobilisation des ressources, de restaurer la sécurité et assurer la protection des populations et de leurs biens contre la menace et les actions terroristes.

I.3. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES, DE LA COOPERATION REGIONALE ET DES BURKINABE DE L’EXTERIEUR

Le Conseil a adopté un rapport relatif à une demande d’agrément pour la nomination d’un Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République islamique du Pakistan auprès du Burkina Faso.

Le Conseil a marqué son accord pour la nomination du Général Major Anjum ANAYAT, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République islamique du Pakistan auprès du Burkina Faso, avec résidence à Tripoli, en Libye.

I.4. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE LA PROSPECTIVE

Le Conseil a adopté un décret portant autorisation d’octroi d’une Garantie souveraine au profit de la Société Baykar Makina San. Ve Tic. AS Corporation.

L’Etat du Burkina Faso a déjà eu à signer des contrats avec la Société Baykar Makina San. Ve Tic. AS Corporation pour l’acquisition de matériels de défense et de sécurité au profit des Forces armées nationales.

Ce décret vise à matérialiser un nouveau contrat entre l’Etat burkinabè et la Société Baykar Makina San. Ve Tic. AS Corporation, conformément à l’article 36 du décret n°2022-0273/PRES-TRANS/PM/MEFP du 31 mai 2022 portant règlementation générale de l’endettement public et de la gestion de la dette publique.

Le décret autorise l’octroi d’une Garantie souveraine à la Société Baykar Makina San. Ve Tic. AS Corporation, pour un montant de 207 836 335 USD, soit environ cent vingt-quatre milliards six cent quatre-vingt-quatre millions trois cent vingt un mille neuf cent soixante-quatre (124 684 321 964) F CFA.

L’adoption de ce décret permet la finalisation du contrat avec ladite société en vue du renforcement des capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité.

I.5. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DE L’HYGIENE PUBLIQUE

Le Conseil a adopté un décret portant approbation des statuts de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux (CAMEG).
L’adoption de ce décret permet à la CAMEG de se doter de statuts pour assurer efficacement ses missions, conformément à la loi n°025/99/AN du 16 novembre 1999 portant règlementation générale des sociétés à capitaux publics.

I.6. AU TITRE DU MINISTERE DU DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL, DU COMMERCE, DE L’ARTISANAT ET DES PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES

Le Conseil a adopté un décret portant création d’une société d’Etat, dénommée Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux, en abrégé « CAMEG ».

Dans le but de résoudre le défi crucial de l’approvisionnement en médicaments de qualité à un coût accessible pour les populations, l’Etat a créé en 1992 un établissement public à caractère industriel et commercial dénommé CAMEG. La structure a évolué pour prendre le statut d’association en 1998. Cependant, cette évolution n’a pas renforcé la capacité de la CAMEG à remplir efficacement sa mission.

Afin de renforcer l’autorité souveraine de l’Etat dans la garantie de l’accès universel aux médicaments essentiels, de réguler les prix et d’assurer la qualité des produits pharmaceutiques, des décisions ont été prises. Il s’agit de :

- la dissolution de la CAMEG au cours de l’Assemblée générale extraordinaire par les membres, tenue le 22 mars 2024 ;

- la création d’une société d’Etat dénommée CAMEG à qui l’Etat cède l’actif et le passif de l’association dissoute.

La nouvelle forme juridique de la CAMEG, offre la garantie d’une structure plus solide et plus transparente pour un approvisionnement continu en produits de santé de qualité sur l’ensemble du territoire national.

L’adoption de ce décret permet de créer la société d’Etat, dénommée Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux, conformément au décret n°2000-189/PRES/PM/MCIA du 17 mai 2000 portant statut général des sociétés d’Etat.

II. COMMUNICATIONS ORALES

II.1. Le ministre de la Santé et de l’hygiène publique a fait au Conseil le bilan de la campagne de Traitement de masse (TDM) contre la filariose lymphatique qui s’est déroulée du 21 au 25 février 2024 à Fada N’Gourma (région de l’Est) et à Tenkodogo (région du Centre-Est).

La campagne de TDM contre la filariose lymphatique a permis une distribution de masse d’Albendazole et d’Ivermectine aux populations éligibles et les résultats obtenus sont de 80% de la population cible à Fada N’Gourma et de 96,93% à Tenkodogo.

La filariose lymphatique fait partie des vingt et une (21) maladies tropicales négligées répertoriées à ce jour par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces pathologies infectieuses affectent les populations pauvres et marginalisées des régions tropicales et subtropicales.

II.2. Le ministre du Développement industriel, du commerce, de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises a fait au Conseil deux (02) communications.

La première communication est relative à la pose de la première pierre du complexe industriel textile de la société IRO-TEXBURKINA SA, le 29 mars 2024 à Sourgou, province du Boulkiemdé, région du Centre-Ouest.

La construction de ce complexe industriel textile a pour but de développer la chaîne de valeur du coton burkinabè par la fourniture des produits textiles (fils, tissus, vêtements, produits médicalisés).

Ce projet d’un coût de plus de 165 milliards F CFA, prévoit la transformation annuelle de 20 000 tonnes de fibres de coton conventionnel et biologique.

Il permettra de créer plus de 5 000 emplois directs et de milliers d’emplois indirects.
La cérémonie est placée sous le Très haut patronage de Son Excellence Monsieur le Président de la Transition, Chef de l’Etat.

La seconde communication est relative à l’organisation de l’édition 2024 des Journées économiques du Burkina Faso à l’extérieur (JEB), qui auront lieu en Russie.

Les Journées économiques du Burkina Faso à l’extérieur organisées depuis 2001 visent à favoriser l’émergence du secteur privé et consolider les relations politiques, économiques et commerciales du Burkina Faso avec le reste du monde.

L’organisation de ces journées constitue également un cadre d’exploration des possibilités de partenariat avec de potentiels investisseurs étrangers en vue de soutenir le développement de notre pays.

II.3. Le ministre de l’Environnement, de l’eau et de l’assainissement a fait au Conseil une communication relative à l’organisation de la 4ème édition du Forum national de l’eau et de l’assainissement, prévue du 22 au 24 avril 2024 à Ouagadougou.

Placée sous le Très haut patronage de Son Excellence Monsieur le Président de la Transition, Chef de l’Etat, l’édition 2024 a pour thème « Eau : facteur de résilience, de paix et de développement ».

Le Forum national de l’eau et de l’assainissement a pour ambition d’assurer la mobilisation citoyenne et populaire ainsi que le dialogue multi-acteurs autour des enjeux de l’eau et de l’assainissement.

Cette 4ème édition offre une opportunité aux acteurs du sous-secteur de l’eau de se concerter, de partager leurs préoccupations et de définir les actions à mettre en œuvre pour assurer un accès durable à l’eau et à l’assainissement conformément aux engagements du Chef de l’Etat inscrits dans le Plan d’actions pour la stabilisation et le développement (PA-SD).

III. NOMINATIONS

III.1. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A. AU TITRE DE LA PRIMATURE

- Monsieur Amado OUEDRAOGO, Mle 75 411 P, Economiste, 1ère classe, 13ème échelon, est nommé Chef de Département de la Gouvernance des infrastructures, des transports, de la communication électronique et de l’habitat.

B. AU TITRE DU MINISTERE DE LA COMMUNICATION, DE LA CULTURE, DES ARTS ET DU TOURISME

- Monsieur Rabankhi Abou-Bâkr ZIDA, Mle 78 668 Y, Conseiller en sciences et techniques de l’information et de la communication, 1ère classe, 13ème échelon, est nommé Inspecteur technique des services ;

- Monsieur Assane OUEDRAOGO, Mle 334 256 M, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur des marchés publics ;

- Monsieur Tegwendé Abdoul Kader Hermann KABORE, Mle 208 020 M, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Directeur de l’administration et des finances de l’Office national du tourisme burkinabè (ONTB).

C. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE LA PROSPECTIVE

- Madame Windwaoga Mariam KARGOUGOU/OUEDRAOGO, Mle 206 527 T, Juriste, 1ère classe, 7ème échelon, est nommée Conseiller au Secrétariat exécutif national de la Politique nationale de développement ;

- Monsieur Drissa COULIBALY, Mle 246 922 P, Contrôleur des services financiers, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Comptable principal des matières de l’Ecole nationale de formation agricole (ENAFA) de Matourkou ;

- Monsieur Bankpal Kpénu Cécil Germain SOME, Mle 112 445 Z, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Comptable principal des matières de l’Ecole nationale d’élevage et de la santé animale (ENESA) ;

- Monsieur Jean-Baptiste ZABRE, Mle 112 365 M, Contrôleur du trésor, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Comptable principal des matières de l’Ecole polytechnique de Ouagadougou (EPO) ;

- Monsieur Robert BAYILI, Mle 302 996 M, Contrôleur des services financiers, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Comptable principal des matières de l’Université Norbert ZONGO ;

- Monsieur Ambroise PARE, Mle 57 218 G, Contrôleur du trésor, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Comptable principal des matières de l’Université Thomas SANKARA ;

- Monsieur Ossokiré SEIHOUN, Mle 228 736 Z, Contrôleur des services financiers, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Comptable principal des matières de l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire, de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé (ANSSEAT) ;

- Monsieur N’Golo Louis-Stéphane COULIBALY, Mle 303 190 F, Contrôleur des services financiers, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Comptable principal des matières de l’Institut national de santé publique (INSP) ;

- Madame Vivianne YEYE, Mle 219 205 X, Contrôleur des services financiers, 1ère classe, 4ème échelon, est nommée Comptable principal des matières de l’Institut national pour la formation du personnel enseignant (INFPE) ;

- Monsieur Damien KABORE, Mle 246 808 T, Contrôleur du trésor, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Comptable principal des matières de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ;

- Monsieur Martin OUEDRAOGO, Mle 345 299 G, Contrôleur des services financiers, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Comptable principal des matières de l’Université NAZI BONI ;

- Monsieur Seydou BARRO, Mle 96 911 K, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Conseiller technique du ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des finances et de la prospective, chargé du Budget ;

- Monsieur Soutongnoma Abel TIENDREBEOGO, Mle 200 185 W, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Fondé de pouvoirs du trésorier régional du Sahel ;

- Monsieur Cheick Ali Mohamed TRAORE, Mle 104 312 F, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 9ème échelon, est nommé Trésorier régional du Sud-Ouest ;

- Monsieur Sidi Mouhamadi GUIRO, Mle 200 092 N, Contrôleur du trésor, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Trésorier départemental de Gomboussougou ;

- Madame Jacqueline KABORE, Mle 278 254 D, Adjoint du trésor, 1ère classe, 4ème échelon, est nommée Trésorier départemental de Pissila ;

- Monsieur Privat ZAGRE, Mle 112 366 Y, Adjoint du trésor, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Trésorier départemental de Barsalgho ;

- Monsieur Yamba BANCE, Mle 363 117 Z, Adjoint du trésor, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Trésorier départemental de Tikaré.

D. AU TITRE DU MINISTERE DE LA TRANSITION DIGITALE, DES POSTES ET DES COMMUNICATIONS ELECTRONIQUES

- Madame Haoua OUATTARA/DAMA, Mle 255 519 U, Ingénieur de conception en informatique, 1ère classe, 5ème échelon, est nommée Responsable du Programme budgétaire « Transformation et écosystème du numérique », cumulativement avec ses fonctions de Directrice générale de la transformation digitale.

E. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DE L’HYGIENE PUBLIQUE

- Monsieur Eric Nakaossebgandin TOUGOUMA, Mle 51 326 W, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, 1ère classe, 15ème échelon, est nommé Directeur général de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux (CAMEG) ;

- Monsieur Ali DIALLO, Mle 112 406 S, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Directeur de l’administration et des finances de l’Office de santé des travailleurs (OST) ;

- Monsieur Doumapoulè Vincent BATIENE, Mle 208 196 J, Médecin épidémiologiste et biostatisticien, catégorie PA, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur de la prospective, de la planification et du suivi-évaluation ;

- Monsieur Sanoussa NIAMPA, Mle 78 236 U, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, catégorie N, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Directeur de l’administration des finances du Centre hospitalier régional (CHR) de Kaya.

F. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

- Monsieur Philippe BAYEN, Mle 257 234 E, Enseignant-chercheur, catégorie P2, grade initial, 1er échelon, est nommé Directeur de la coopération scientifique et technique à la Direction générale de la recherche et de l’innovation ;

- Monsieur Irénée SOMDA, Mle 49 408 X, Professeur titulaire de phytopathologie, catégorie P1, grade 4, 2ème échelon, est nommé Directeur régional de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation des Hauts-Bassins.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs aux Conseils d’administration :

- de l’Institut d’éducation et de formation professionnelle (INEFPRO) au titre du ministère de la Solidarité, de l’action humanitaire, de la réconciliation nationale, du genre et de la famille ;

- de l’Ecole nationale des travaux publics (ENTP) au titre du ministère des Infrastructures et du désenclavement ;

- de l’Agence de conseil et de maîtrise d’ouvrage déléguée en bâtiment et aménagement urbain du Burkina (ACOMOD-BURKINA) au titre du ministère de l’Urbanisme, des affaires foncières et de l’habitat.

A. MINISTERE DE LA SOLIDARITE, DE L’ACTION HUMANITAIRE, DE LA RECONCILIATION NATIONALE, DU GENRE ET DE LA FAMILLE

Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Ibrahim BARRO, Mle 58 685 U, Administrateur des services financiers, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Economie, des finances et de la prospective au Conseil d’administration de l’Institut d’éducation et de formation professionnelle (INEFPRO) pour un premier mandat de trois (03) ans.

B. MINISTERE DES INFRASTRUCTURES ET DU DESENCLAVEMENT

Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Madame Zalissa BARRY/TAPSOBA, Mle 200 269 G, Administrateur des services financiers, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Economie, des finances et de la prospective au Conseil d’administration de l’Ecole nationale des travaux publics (ENTP) pour un premier mandat de trois (03) ans.

C. MINISTERE DE L’URBANISME, DES AFFAIRES FONCIERES ET DE L’HABITAT

Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Sid Mohamadi OUEDRAOGO, Mle 117 326 Z, Ingénieur en génie civil, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de la Santé et de l’hygiène publique au Conseil d’administration de l’Agence de conseil et de maîtrise d’ouvrage déléguée en bâtiment et aménagement urbain du Burkina (ACOMOD-BURKINA) pour un premier mandat de trois (03) ans.

Service d’information du gouvernement

Centrale nucléaire : “Nous pensons pouvoir démarrer le processus de construction, au plus tard en 2025”(ministre en charge de l’énergie, Yacouba Zabré Gouba)

Le gouvernement burkinabè et la société d’Etat russe Rosatom ont, ce mardi 26 mars 2024 à Sotchi, en Russie, où s’est tenu le XIIIè forum international sur l’énergie nucléaire, signé une feuille de route pour la construction de la centrale nucléaire, dont le processus a été enclenché en octobre 2023 par la signature d’un mémorandum d’entente.

Cette signature marque, dit le ministre de l’Energie, des mines et des carrières, une étape très importante dans la mise en œuvre de la décision stratégique du chef de l’Etat, qui est de pouvoir doter le pays d’une centrale nucléaire. “Cette feuille de route comporte des points majeurs, notamment la signature de trois mémorandums d’entente. Le premier porte sur le volet formation ; il s’agira de pouvoir disposer d’une masse critique de citoyens burkinabè formés dans les grandes universités russes sur des spécialités nucléaires et connexes. Dès septembre, nous pourrons avoir la première cohorte qui va se rendre dans les universités, pour pouvoir se former. C’est donc un point important de cette feuille de route. Le deuxième mémorandum va porter sur l’opinion publique, en conformité avec les recommandations de l’AEIA (Agence internationale de l’énergie atomique). En effet, pour la mise en place d’une centrale nucléaire, on recommande que l’opinion soit sensibilisée et qu’on fasse la communication sur l’activité nucléaire. Ce mémorandum va donc permettre d’aller vers une communication à large public sur la mise en place de cette centrale. Le troisième mémorandum va porter sur l’infrastructure nucléaire. Il va consister, à travers ce mémorandum, à fixer les fondamentaux pour l’évaluation et le développement de l’activité nucléaire au Burkina”, a détaillé le ministre de l’Energie, des mines et des carrières, Yacouba Zabré Gouba, à l’issue de la signature des documents avec le directeur général de Rosatom.

Le directeur général de Rosatom, Alexey Likhachev, admirant un pagne Faso Dan Fani et un porte-documents en cuir fabriqué au Burkina, que lui remet le ministre Gouba.

A en croire le ministre, la partie burkinabè tient à l’accélération du processus. “Nous nous sommes accordés avec la société d’Etat Rosatom, pour que déjà au mois de juin, nous procédions à la signature de ces trois mémorandums. Ils vont plus tard enclencher une autre procédure, à savoir l’élaboration et la signature d’un accord fixant le cadre normatif de collaboration entre l’Etat du Burkina et la Fédération de Russie, représentée par Rosatom”, confie M. Gouba.

Selon ses explications, cette démarche devra déboucher sur le volet construction de la centrale, avec les discussions sur les aspects purement techniques et le modèle économique qui va permettre d’accompagner la mise en place de la technologie.

Poignée de main entre les deux personnalités après la signature.

Yacouba Zabré Gouba souligne également qu’au-delà du nucléaire, des domaines “non moins importants” ont été abordés par cette feuille de route, notamment l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques (l’agriculture, la médecine…).

A la question d’en savoir sur le début effectif des travaux à proprement parler, le ministre en charge de l’énergie dévoile : “Nous avons fortement insisté, et ce sont des orientations du chef de l’Etat, pour que le processus soit bouclé dans les brefs délais. Donc, que les trois mémorandums soient signés au plus tard au mois de juin. C’est une avancée notable. Nous avons également insisté sur la signature très prochaine, de l’accord qui doit fixer le cadre normatif. Ensuite, nous pensons pouvoir boucler et démarrer le processus de construction, au plus tard, en 2025”.

Le directeur général de Rosatom (Agence fédérale de l’énergie atomique) a, lui également, félicité cette avancée dans la mise en place de cette technologie. “L’année dernière, nous avons eu la rencontre entre le président Poutine et le président Traoré, qui a consacré le démarrage de la coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire. Pendant presque toute l’année, on a préparé la feuille de route, on a défini les étapes. Il est important que la coopération se développe en Afrique, notamment avec le Burkina Faso, dans le domaine énergétique et non énergétique, telles que l’agriculture, la médecine, etc. Tous ces aspects ont été pris en compte dans la feuille de route”, a soutenu Alexey Likhachev.

La signature est intervenue en plein centre des congrès et expositions de Atomexpo-2024, au parc scientifique et artistique Sirius(une université des sciences et technologies).

La signature, intervenue en cette deuxième et dernière journée de Atomexpo-2024, s’est effectuée dans un cadre spécialement aménagé au cœur de ces congrès et expositions de l’industrie nucléaire mondiale, dans le parc scientifique et artistique Sirius.

O.L.O.
De Sotchi, Russie
Lefaso.net

Russie : Le gouvernement burkinabè et Rosatom arrêtent une feuille de route pour la construction de la centrale nucléaire

Le Burkina vient de franchir un pas vers l’opérationnalisation de la centrale nucléaire. Et ce, par la signature en fin de matinée de ce mardi 26 mars 2024 à Sotchi, en Russie, d’une convention entre le directeur général de Rosatom et le gouvernement burkinabè.

« Nous venons de procéder ce matin à la signature de la feuille de route pour la mise en place de la centrale nucléaire. Elle marque une étape très importante dans la mise en oeuvre de la décision très stratégique du chef de l’État », situe le ministre de l’Energie, des mines et des carrières, Yacouba Zabré Gouba.

Cet acte intervient en marge du XIIIè forum international sur l’énergie nucléaire, « Atomexpo-2024 » (25-26 mars 2024) et fait suite au mémorandum d’entente signé en octobre 2023 entre le gouvernement burkinabè et le géant russe du nucléaire.

Détails à venir.
Lefaso.net

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